Quelques mots sculptés dans l’écorce…
Je me présente, je suis la cabane des Rêves.
Nichée à 6 mètres du sol, je vois passer les saisons, les écureuils pressés et les amoureux émerveillés. Je veille sur eux.
Je ne parle pas souvent, mais quand deux cœurs viennent se perdre chez moi, j’écoute, je regarde, je ressens. Parfois, j’ai tant envie de raconter ce que je vis ici, dans les branches du Bois de Rosoy.
Alors aujourd’hui, c’est moi qui prends la plume pour vous raconter une journée typique, dans mon monde suspendu.
16h00, j’entends les pas dans l’escalier, ils arrivent main dans la main, un peu curieux, un peu excités. Je le sens tout de suite, ceux-là sont venus pour se retrouver. Ils montent lentement, découvrent la terrasse, posent leurs valises et leurs soucis aussi.
17h00, l’un d’eux s’étend sur le filet suspendu, l’autre le rejoint. En dessous, les feuilles dansent. Au-dessus, les arbres s’ouvrent sur le ciel bleu azur. Je les entends murmurer et rire doucement. Je les observe avec tendresse. Je ne suis pas une simple cabane, tu sais. Je suis un refuge, un cocon, une parenthèse.
19h00, la lumière est maintenant dorée, les ombres s’allongent. De nouveau, des pas dans l’escalier, ils viennent leur déposer l’apéritif, toujours à l’heure et discrets. Mes hôtes dressent la table sur la terrasse, sirotent un verre et moi je les laisse profiter, il ne faudrait pas troubler cette bulle d’intimité.
21h00, l’eau fume sous la nuit qui tombe lentement, ils glissent dans le jacuzzi. Les bulles dansent, les corps se détendent. Ils ne parlent presque plus. Ils se regardent simplement, le silence est leur langage.
23h00, d’un geste, ils font coulisser la grande baie vitrée. Le lit fait face aux arbres. Ils sont dedans, mais encore dehors. La nature les berce, les protège.
01h00, je les entends chuchoter sous la couette, bientôt ils s’endormiront. Leur respiration est paisible. Le vent joue doucement avec mes poutres. Une chouette passe. Moi je veille, comme toujours.
06h00, le premier chant d’oiseau. En contrebas, la forêt s’étire doucement. Et là-haut mes hôtes dorment encore, bercés par le bruissement des feuilles et le souffle léger du vent. C’est un moment que j’aime beaucoup, le calme avant le petit-déjeuner, la promesse d’une belle journée.
09h00, mes hôtes ouvrent les rideaux, encore en pyjama, ils prennent leur temps. La poulie grince un peu, c’est le panier du petit-déjeuner qui monte, pain frais, viennoiseries, produits locaux… Ici, tout ralentit. On respire, on savoure.
10h00, j’entends de nouveau les bulles. Encore quelques instants rien qu’à deux. Ici, le monde s’efface.
11h00, ils sont partis. Ils m’ont remercié pour la nuit passée. Moi, je souris dans mes poutres. Chez moi, les nuits sont des trésors. Je sais que ce matin, ils sont repartis un peu changés, un peu plus proches.
Une nuit en cabane, c’est un souvenir à vie. Et j’ai la chance d’en accueillir des centaines.
Et si tu venais, toi aussi, écrire ton histoire chez moi ?
Je t’attends, perchée entre les arbres, pour une nuit douce, suspendue, hors du temps.






















































































































































































































































